À la découverte de la Chine au rythme de la marche

China Daily | 2026-05-28 10:05
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Benjamin René (à gauche) et Loïc Michel admirent le panorama à Lanzhou, dans la province du Gansu. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY

Deux Français proposent une vision intime des paysages, des villes et des habitants du pays.

Avant que Benjamin René et Loïc Michel ne quittent Annecy, leur ville natale, en septembre 2024, la Chine représentait pour eux un fascinant lointain – un nom plus présent dans les gros titres des médias que dans les conversations quotidiennes.

L’idée qui allait transformer cette distance abstraite en une expérience vécue est née un soir de novembre 2023, à Paris, devant une pizza et une bière. Les deux amis parlent de la routine de travail, de la monotonie du quotidien et de leur sentiment de s’y être enfermés. Ils prennent alors une décision audacieuse : marcher jusqu’en Chine en optant pour une façon de voyager écoresponsable et à faible empreinte carbone.

Six mois de préparation ont été nécessaires, le temps de quitter leurs emplois parisiens, de remplir leurs sacs du strict nécessaire et d’accepter que la route allait leur prendre plus d’un an. Leur itinéraire : environ 13 000 kilomètres, 16 pays traversés et une destination : Shanghai.

Le 13 septembre 2025, à l’issue de presque un an de marche à travers l’Asie centrale, ils franchissent la frontière chinoise : une étape marquante, non seulement géographique, mais aussi émotionnelle. En arrivant à Lanzhou, dans la province du Gansu, ils avaient déjà passé 450 jours sur les routes.

Benjamin dégustant un bol de nouilles au bœuf de Lanzhou, spécialité locale. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY


Traversée des continents
René et Michel ont divisé leur voyage en étapes de trois à quatre mois, avec un objectif de 40 à 50 kilomètres par jour pendant ces périodes. Lorsqu’ils sont entrés en Chine, ils avaient déjà parcouru près de 8 000 kilomètres et usé six paires de chaussures chacun.

Michel a déclaré que s’ils avaient pris l’avion ou le train, ils ne seraient jamais arrivés à Lanzhou, ni rencontré ces gens, ni vécu ces moments. Sur la route, notamment dans les villages et petites villes, ils ont croisé des habitants qui n’avaient jamais vu d’étrangers. Les invitations à boire le thé, les repas partagés et les aides spontanées pour trouver leur chemin ont vite émaillé leur quotidien. La chaleur humaine et l’hospitalité des Chinois sont restées, pour eux, le souvenir le plus fort de leur voyage.

Sur la route ancestrale
Après avoir traversé la région autonome ouïgoure du Xinjiang, les deux marcheurs sont entrés dans la province du Gansu et ont poursuivi leur progression vers l’est le long de l’ancien corridor du Hexi, suivant le tracé de la Route de la soie. Ils ont longé des routes aux confins du désert près de Wuwei, visité la tombe Han de Leitai et contemplé avec émerveillement les formations de grès rouge de Danxia, dans le district de Yongdeng, avant d’arriver à Lanzhou le 27 novembre.

Benjamin (à droite) et Loïc au port de Horgos, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY
À la vue des immeubles de grande hauteur, illuminés la nuit par des écrans LED, se dressant dans la vallée, ils ont été saisis par le contraste avec la plupart des villes européennes qu’ils connaissaient. Pourtant, ce n’est pas seulement la modernité qui les impressionnait, mais la manière dont elle coexiste harmonieusement avec l’histoire. Michel a confié qu’il ne s’attendais par à ce qu’une ville du nord-ouest intérieur était aussi moderne tout en préservant tant de bâtiments traditionnels, ajoutant que ce contraste était magnifique.

Ils ont visité le pavillon Santai du parc Lanshan, perché sur le mont Gaolan. De là, ils ont contemplé le fleuve Jaune qui serpente en contrebas. Puis les musées sont rapidement devenus une étape incontournable. Au musée provincial du Gansu, ils ont exploré l’héritage de la Route de la soie : les poteries peintes de Majiayao et le célèbre « Cheval au galop volant marchant sur une hirondelle ». Pour eux, la Route de la soie n’a jamais été qu’une simple route commerciale. René a déclaré qu’elle constituait un pont pour le dialogue entre les civilisations, et que dans les musées, ils pouvaient vraiment ressentir le battement de cœur de la ville.

Benjamin (à droite) et Loïc au port de Horgos, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY

Le 29 novembre, René et Michel ont organisé une rencontre-découverte dans un restaurant servant des nouilles au bœuf, plat emblématique de Lanzhou, qu’ils décrivent comme « l’âme de la ville ». Le maître pastier leur a fait la démonstration de l’art du pli et du tirage avant de les inviter à s’y essayer. Les bols fumants qu’ils ont préparés eux-mêmes ont réchauffé leur hiver de voyageurs.

Partager la Chine du quotidien
Tout au long de leur périple, les deux marcheurs ont documenté la vie quotidienne en tournant de courtes vidéos et en prenant des photos, diffusées sur Instagram, Xiaohongshu (RedNote) et Douyin. Leur objectif : montrer la Chine réelle, dans toute sa complexité, sans la simplifier ni la réduire. René a expliqué qu’ils voulaient donner accès à la Chine du quotidien. Le 7 février, ils ont atteint Shanghai. La prochaine étape : poursuivre leur exploration du pays, cette fois en train à grande vitesse ou en avion.

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