Le musée de l’ombrelle séduit une nouvelle génération de visiteurs

China Daily | 2026-09-18 15:50
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Le lac de l’Ouest, à Hangzhou, dans la province du Zhejiang. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY

L’art traditionnel de la fabrication des ombrelles en soie du lac de l’Ouest gagne de nouveaux adeptes.

Au milieu du mois de mai, Daria Dykusar, une étudiante russe de 31 ans, se trouvait dans l’espace immersif du Musée chinois du parapluie à Hangzhou, dans la province du Zhejiang. Elle tenait à la main une simple brosse à dents.

Devant elle étaient disposés des pochoirs, de fines trames, des pigments et une carte postale en papier. À l’aide de la brosse, elle appliquait délicatement le pigment sur la carte. Celui-ci traversait la trame tel un léger brouillard, faisant progressivement apparaître cet effet doux et vaporeux, comme lavé par la pluie, caractéristique de nombreuses scènes représentées sur les ombrelles en soie du lac de l’Ouest.

« Au début, cela avait l’air facile, raconte-t-elle. Mais une fois que j’ai commencé, je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. Il faut utiliser exactement la bonne quantité de pigment, sinon on risque de gâcher toute l’image. »

Le Musée chinois du parapluie à Hangzhou, dans la province du Zhejiang. WANG JIANCHUN / POUR CHINA DAILY

Cette technique constitue l’une des méthodes décoratives emblématiques de la fabrication des ombrelles en soie du lac de l’Ouest, un savoir-faire inscrit depuis 2008 sur la liste nationale chinoise du patrimoine culturel immatériel.

Daria Dykusar, qui étudie actuellement le chinois au Zhejiang Business College, participait avec douze autres étudiants internationaux à une visite du musée afin de découvrir les secrets de fabrication de ces ombrelles emblématiques de Hangzhou.

Après près de deux heures de travail minutieux, elle a achevé une composition représentant Duanqiao canxue, « la neige persistante sur le pont brisé », l’un des paysages les plus célèbres du lac de l’Ouest.

Avant sa visite au Musée chinois du parapluie, la jeune femme avait déjà vu de nombreuses ombrelles en soie sur Internet, souvent portées par des femmes vêtues de costumes traditionnels chinois. Mais ce n’est qu’en s’essayant elle-même à leur décoration qu’elle a pleinement pris conscience du savoir-faire nécessaire à leur réalisation.

« La première fois que j’ai vu une ombrelle en soie, je l’ai trouvée magnifique, explique-t-elle. Mais lorsque j’ai essayé d’en créer une, j’ai compris tout le travail que cela représente. En regardant uniquement le produit fini, on n’imagine jamais les efforts nécessaires pour le fabriquer. »

Un savoir-faire emblématique de Hangzhou

La fabrication des ombrelles en soie inspirées du lac de l’Ouest est un savoir-faire inscrit depuis 2008 sur la liste nationale chinoise du patrimoine culturel immatériel. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY

Situé le long du Grand Canal Pékin-Hangzhou, cet établissement fait partie du complexe des Musées des arts et métiers de Hangzhou, qui préserve et valorise les riches traditions populaires et artisanales de la ville.

Parmi ses pièces les plus précieuses figurent les ombrelles en soie du lac de l’Ouest. Créées pour la première fois en 1932, elles sont fabriquées à partir de bambou local et de soie de Hangzhou. Des paysages du lac de l’Ouest et de ses environs y sont délicatement représentés grâce à la peinture, à la broderie et à des techniques de teinture au pinceau.

« Ce qui rend ces ombrelles uniques, c’est qu’une fois ouvertes, elles dévoilent une élégante toile de soie, tandis que, repliées, elles ressemblent à une tige de bambou naturel », explique Song Zhiming, héritier de niveau national de ce savoir-faire traditionnel.

Pour obtenir cet effet, les artisans retirent avec précaution une fine couche extérieure du bambou et numérotent chaque lamelle avant d’assembler l’armature. Une fois la toile de soie fixée sur les baleines en bambou, chaque lamelle est minutieusement replacée, une à une, sur la baleine correspondante.

Autrefois, ces créations artisanales étaient très recherchées, aussi bien en Chine qu’à l’étranger.

Selon Chen Na, chercheuse associée et bibliothécaire au musée, la production annuelle dépassait 600 000 ombrelles à la fin des années 1950 et au début des années 1960, dont environ 400 000 étaient exportées. Mais avec l’évolution des modes de vie et le recul de la demande, le nombre d’artisans maîtrisant ce savoir-faire a progressivement diminué.

Moderniser la tradition pour séduire la nouvelle génération

La fabrication des ombrelles en soie inspirées du lac de l’Ouest est un savoir-faire inscrit depuis 2008 sur la liste nationale chinoise du patrimoine culturel immatériel. PHOTO FOURNIE AU CHINA DAILY

Ces dernières années, le regain d’intérêt pour le patrimoine culturel immatériel en Chine a toutefois contribué à faire renaître cette tradition, qui attire désormais un nombre croissant de visiteurs chinois et étrangers.

« Nous voulons que ces trésors culturels prennent véritablement vie, souligne Chen Na. Leur préservation est essentielle, mais il est tout aussi important d’aider le public à créer un lien avec eux dans le monde d’aujourd’hui. »

Pour séduire les jeunes générations, le musée a notamment mis en place des expériences permettant aux visiteurs de créer virtuellement leur propre ombrelle en soie. Il a également développé toute une gamme de produits culturels et créatifs, notamment des supports de téléphone en forme d’ombrelle miniature et des aimants.

Les initiatives du musée ont également marqué Mohammed Salah Mosleh Al-Sayadi, un étudiant yéménite de 20 ans qui étudie le chinois au Zhejiang Business College. Après avoir vécu huit ans en Égypte, il avait appris, au fil de ses visites dans les musées locaux, que les ombrelles occupaient également une place particulière dans la société égyptienne antique.

« Dans l’Égypte ancienne, les ombrelles symbolisaient le pouvoir et le privilège et étaient réservées à la royauté », explique-t-il. « En Chine, j’ai découvert qu’elles revêtaient de nombreuses significations culturelles. »

Entre tradition et innovation

De son côté, le maître artisan Song Zhiming mise lui aussi sur l’innovation. Aujourd’hui, son fils et sa belle-fille ont rejoint l’aventure, apportant des idées neuves et une vitalité inédite à cette tradition séculaire. Son équipe expérimente de nouveaux matériaux et procédés de fabrication, tout en collaborant avec des studios de jeux vidéo pour intégrer des personnages d’animés et de jeux populaires dans les visuels des ombrelles, les rendant ainsi plus attractives pour les jeunes consommateurs.

« L’artisanat traditionnel a besoin des nouvelles générations pour se transmettre, affirme Song Zhiming. Mais l’âme des ombrelles en soie du lac de l’Ouest - le dévouement, la patience et le savoir-faire nécessaires à leur création - ne changera jamais. »

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