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Routes de la soie : un fonds de soutien à l’étude

Par Chen Jia(China Daily) 26-04-2019

Routes de la soie : un fonds de soutien à l’étude

Une hôtesse des chemins de fer ajuste la tenue vestimentaire d’une stagiaire étrangère à bord d’un train à grande vitesse au départ de Xi’an, dans la province du Shaanxi, à destination de Pékin. [Tang Zhenjiang/for China Daily]

L’organe de financement proposé accueillerait des agences mondiales et les pays engagés dans l’Initiative Ceinture et Route (ICR).

La China Investment Corporation (CIC), premier fonds souverain d’investissement du pays, recherche des partenaires internationaux pour établir conjointement un instrument d’investissement transfrontalier spécial, destiné à renforcer le financement des projets Ceinture et Route, a fait savoir un haut responsable.

« Nous l’appelons le fonds de coopération Ceinture et Route », précise Tu Guangshao, vice-président et directeur de la CIC. D’autres dispositions, notamment la dotation du fonds, les méthodes d’investissement spécifiques et le choix des devises pour investir, sont autant d’éléments qu’il reste à déterminer – il est « trop tôt » pour ce faire.

Un fonds de coopération sélectionne généralement des projets et prend des décisions d’investissement basées sur les intérêts partagés de l’ensemble des actionnaires. Seront créés lors de la phase initiale un cadre juridique et une structure de gouvernance claire. Cette méthode permettra notamment d’écarter les pays destinataires d’investissements qui imposeraient des restrictions à l’encontre d’un quelconque membre du fonds.

Parmi les actionnaires potentiels du fonds peuvent figurer des organisations internationales et des pays situés le long des routes de l’ICR, a indiqué M. Tu au journal China Daily alors qu’il participait à la session annuelle de la Conférence consultative politique du peuple chinois, avant sa retraite au début du mois. « Le fonds sera un nouveau moyen d’injecter des capitaux dans des projets ICR, de faciliter la coopération internationale et de partager des avantages mutuels ».

Alors que progresse l’édification des nouvelles routes de la soie, un besoin croissant de levée de fonds et de développement des infrastructures se fait sentir dans les économies participant à l’ICR, en Asie, au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique. Mais certains pays redoutent que les projets ICR ne mènent les États en quête de fonds au piège de l’endettement. Leurs inquiétudes ont entraîné des retards et des réductions de certains projets.

En réaction, le Conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères Wang Yi a fait la déclaration suivante le mois dernier : « Les faits ne manquent pas qui nous fournissent la preuve que l’ICR n’est pas un piège de l’endettement dans lequel certains pays pourraient tomber, mais un gâteau économique qui profite aux populations locales. Ce n’est pas un outil géopolitique mais une formidable chance de développement partagé ».

David Lubin, un économiste chez Citigroup, craint que la Chine à elle seule n’ait pas la capacité de réaliser les objectifs d’investissement liés à ce mégaprojet. Le pays a donc besoin de réunir des ressources mondiales pour financer les projets ICR. Les analystes estiment que grâce au fonds, la Chine pourrait convaincre un plus grand nombre d’investisseurs mondiaux de s’associer à des projets à long terme et d’un coût élevé tels que des ports et des voies ferrées.

Les investisseurs dans les infrastructures découvrent de nouveaux moyens de recycler les capitaux devant l’augmentation des coûts de financement dans certains circuits traditionnels, notamment celle des taux d’intérêts relatifs aux prêts bancaires, constate la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures.

Jang Ping Thia, l’économiste principal de la banque, pense que pour améliorer la collaboration internationale au sein de l’ICR, les porteurs d’investissements « devraient œuvrer à réagir contre la prudence accrue dont font l’objet la mondialisation et les échanges commerciaux, dans la mesure où l’accroissement des tensions géopolitiques est aussi de nature à renforcer ces sentiments ».

Il ajoute que « cela souligne la nécessité d’avoir des projets de haute qualité, s’appuyant sur une bonne transparence et une stratégie d’ouverture en matière de gouvernance. Pour les projets favorisant la connectivité régionale, il sera nécessaire de garantir des avantages mutuels et le respect des préoccupations des pays concernés ».

Routes de la soie : un fonds de soutien à l’étude

Tu Guangshao

La CIC a commencé à étudier de nouvelles méthodes d’investissement en 2017, dans le but de diversifier les investissements à l’étranger et aux fins d’un partage des risques. La dernière manifestation en a été la création du China-Japan Cooperation Fund, un fonds bilatéral, en octobre dernier.

Le fonds Chine-Japon vise à investir dans des entreprises des deux pays ainsi que dans des « pays tiers ». Les domaines d’investissement couvrent le secteur manufacturier, la communication et les médias, la santé, les biens de consommation et les services, indique la CIC.

La dotation prévue du China-Japan Cooperation Fund est chiffrée à un milliard de dollars. D’autres mécanismes d’investissement semblables, notamment le fonds Chine-France d’un milliard d’euros, sont en cours d’élaboration, commente M. Tu. « Nous envisageons également le transfert d’une partie des fonds bilatéraux dans le fonds Ceinture et Route ».

La CIC, le fonds souverain du pays doté de 940 milliards de dollars, est également actionnaire du Silk Road Fund (fonds de la Route de la soie), dont l’activité principale est de fournir des investissements et d’apporter un appui financier aux projets ICR. Il détient aujourd’hui 15% du Silk Road Fund, doté d’un capital total de 40 milliards de dollars et de 100 milliards de yuan.

Le fonds de coopération Ceinture et Route diffèrera du Silk Road Fund, précise M. Tu, en ce que les parrainages de ce dernier seront principalement nationaux.

Chargée de la gestion d’une partie des réserves du pays en devises étrangères, la CIC recherche un retour sur investissement optimal pour ses actionnaires, dans une marge acceptable de tolérance au risque. Elle a réalisé un retour net record de 17,59% sur les investissements à l’étranger en 2017. Ses résultats financiers pour l’an dernier seront rendus publics cet été.

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