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La méthode du papy le plus sexy de Chine

Par Xu Junqian(China Daily) 28-07-2017

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La méthode du papy le plus sexy de Chine

Wang Deshun, surnommé « le papy le plus sexy de Chine », a récemment été mis en scène dans la dernière campagne chinoise de la marque italienne Ermenegildo Zegna. [Photo provided to China Daily]

Wang Deshun est surtout connu pour son physique impressionnant. Mais ce qui fait de cet octogénaire une source d'inspiration, c'est la ténacité avec laquelle il recherche les épreuves et en triomphe.

Pour la plupart des personnes âgées en Chine, la retraite signifie des parties de mahjong, la garde des petits-enfants et le bavardage avec ses semblables dans le parc du voisinage. Mais à 81 ans, Wang Deshun a d'autres choses en tête.

Il préfère « chercher les ennuis » et entreprendre des tâches peu conventionnelles qui posent des défis peu ordinaires, dit-il. Bien que devant jongler avec son temps, entre la fréquentation du gymnase, les séances de photos de mode et les rôles qu'il interprète dans des films ou des émissions de télévision, la vie pour lui ces jours-ci est encore trop facile, estime-t-il.

« L'âge ne devient un obstacle que si vous y pensez », affirme-t-il. « Il y a l'âge biologique, mais il en existe un autre qui est déterminé par votre état d'esprit ».

M. Wang s'est taillé du jour au lendemain une renommée internationale en 2015 après avoir fait admirer son corps d'athlète sur le podium lors de la Semaine de la mode de Chine à Pékin. Bientôt deux ans après, il est encore inondé de messages le félicitant d'être une telle source d'inspiration sur sa page du réseau social Sina Weibo, où il compte plus de 300 000 sympathisants.

Aujourd'hui, il est devenu pour beaucoup de personnes « le papy le plus sexy de Chine », et le cercle de ses admirateurs s'étend jusqu'aux maisons de haute couture. La marque italienne Ermenegildo Zegna l'a mis en scène dans sa dernière campagne en Chine intitulée « Defining Moments » (des moments déterminants), où figure l'acteur américain Robert De Niro dans le cadre de la campagne mondiale de cette maison.

M. Wang est devenu un personnage tellement reconnaissable que sa femme lui a interdit d'accepter des entretiens avec la presse afin qu'ils puissent continuer de vivre une vie normale. En fonction de quoi, son fils, qui est aussi son agent, arrange en cachète des entrevues qui se passent au gymnase où M. Wang fait ses exercices quotidiens.

Un ancien collègue et ami de M. Wang l'a décrit comme quelqu'un capable de survivre même dans les profondeurs de l'enfer. Sa fille, Wang Qiu, le compare en plaisantant à une concubine impériale tant il prend soin de son corps.

Pour expliquer le penchant insolite de M. Wang pour la difficulté, on pourrait remonter à l'époque de sa naissance. Natif de Shenyang dans le Liaoning, il a grandi dans une province qui était occupée par les troupes japonaises.

Bien que son père ait exercé un emploi comme cuisinier, Deshun devait gratter les voies de chemin de fer tous les matins pour récupérer la poussière de charbon qu'il échangeait pour des crêpes, de façon à aider ses parents à nourrir ses huit frères et sœurs.

Avant de se lancer dans sa carrière d'acteur quand il avait une vingtaine d'années, il travailla comme receveur d'autobus et comme ouvrier dans une usine de matériel militaire. Mais il brûlait de monter sur les planches et pour donner suite à sa vocation, il s'inscrivit aux cours de formation offerts par la section locale du Palais culturel des travailleurs, commençant ainsi dans sa ville natale une carrière dramatique qui s'étendit sur plus de 20 ans.

En 1979, après s'être évanoui plusieurs fois sur scène et en dehors, il fut diagnostiqué atteint d'une dysautonomie qu'il attribua à la méthode d'interprétation théâtrale de Stanislavski qu'il avait adoptée. Le docteur lui conseilla d'arrêter le théâtre avant que le trouble ne s'aggrave et donne lieu à des problèmes mentaux plus sérieux.

Wang Deshun décida d'opter pour une alternative moins exigeante du point de vue émotionnel : la pantomime. À 49 ans, il déménagea avec sa famille à Pékin, la seule ville de Chine où il était persuadé que la pantomime serait appréciée. Pour se préparer à son nouveau rôle, il prit un abonnement dans la seule salle de culture physique de la capitale.

« Ce n'était pas pour soigner mon apparence ou mener une vie saine. Je le faisais parce qu'il faut avoir un corps bien formé pour communiquer un message dans la pratique de la pantomime », explique M. Wang, qui travaillait pendant des heures au gymnase chaque jour et qui continue de le faire.

Les membres de la famille Wang se mirent bientôt à la pantomime eux aussi, mais si leurs prestations étaient bien accueillies, le ménage n'en avait pas moins de mal à joindre les deux bouts. Dans le Pékin des années 1980, il était illégal de louer un logement, si bien que Wang Deshun et sa famille finirent comme des vagabonds qui en étaient réduits à se faire constamment héberger chez des amis pékinois, les uns après les autres.

La situation commença à s'améliorer en 1987 quand Wang Deshun devint le premier acteur chinois à se produire au Festival international de la pantomime tenu en Allemagne, et en 1989, les personnages de pantomime qu'il avait créés furent inclus dans une encyclopédie de la société chinoise.

Bien que propulsé dans le vedettariat, il affirme avec insistance que la renommée ne lui est pas montée à la tête. « La renommée n'a pas changé ma vie », dit M. Wang, qui vit aujourd'hui avec son fils et son petit-fils à Pékin. « La façon dont je vis aujourd'hui n'est pas différente de celle dont j'ai toujours vécu. Un bol de riz et une peu de tofu, ça suffit pour un repas ».

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